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Combien de vidéos par an pour exister vraiment ? Ce n'est pas un chiffre

Par Jérémy Moreau26 octobre 20264 min de lecture

Mozukai est ma propre marque. Au départ, la chaîne comptait moins de 1 000 abonnés, et ses vidéos ont pourtant dépassé les 20 000 vues organiques, sans un euro de publicité. Autrement dit, ce n'est pas un public déjà acquis qui a regardé. Je ne prétends pas que le rythme explique tout, mais c'est mon terrain d'essai : j'y applique la méthode que je propose avant de la proposer à mes clients, et ce que je vous écris ici, je l'ai vécu de l'intérieur.

Je vous le dis parce que la question qui arrive en premier, en rendez-vous, est toujours la même : « Combien de vidéos faut-il faire par an ? » Les gens attendent un chiffre. Il n'y en a pas un, il y a une condition, et c'est elle qui décide de tout.

Ce que disent les chiffres, et pour qui ils sont faits

L'étude YouTube 2026 de Metricool, publiée en juillet 2026, a analysé 799 718 vidéos publiées par 71 177 chaînes. Sa conclusion : le rythme idéal se situe autour de 2 à 4 vidéos longues par semaine, et publier plus n'est pas toujours la meilleure stratégie.

C'est un repère sérieux, mais regardez de qui on parle : des chaînes, tous secteurs confondus, dont le métier est de publier. Pour un créateur, la chaîne est le produit. Pour un menuisier, un cabinet ou un fabricant de Charente, la chaîne est un outil parmi d'autres. Copier cette cadence, c'est viser plus d'une centaine de vidéos par an, sans équipe, entre deux chantiers. Personne ne tient ça, et ce n'est pas ce qu'on vous demande.

Le bon rythme est celui que vous tenez douze mois

Ma réponse tient en une phrase : le meilleur nombre de vidéos par an est celui que vous êtes capable de publier sans vous arrêter. Dans la plupart des entreprises que j'accompagne, personne n'a vraiment le temps de filmer, monter et publier chaque semaine. Alors on démarre fort, on s'essouffle, et la page reste vide pendant des mois. Un compte qui s'arrête au bout de deux mois laisse une impression pire qu'un compte qui n'a jamais existé.

La régularité compte plus que le volume, et c'est aussi ce que j'ai écrit dans un article sur les raisons pour lesquelles la vidéo déçoit certaines PME : la vidéo qui ne fonctionne pas est très souvent celle qui n'a pas de suite.

Une vidéo par semaine ne veut pas dire un tournage par semaine

C'est le point que personne ne devine de l'extérieur. Publier chaque semaine paraît lourd parce qu'on imagine un tournage, un montage et une mise en ligne à chaque fois. En pratique, on filme en une fois, on monte en une fois, et on étale la publication.

C'est la logique de l'offre Présence : un seul déplacement par mois, quatre heures sur place, quatre vidéos de 45 secondes à une minute prêtes à publier, soit une par semaine. À 490 € par mois (TVA non applicable, article 293 B du CGI), sur douze mois, cela fait 48 vidéos par an. Ce n'est pas le chiffre qui compte, c'est que votre mois ressemble à une demi-journée de votre temps, et pas à un second métier.

Pourquoi chaque semaine plutôt que quatre d'un coup

Parce qu'un client ne choisit pas au moment où vous publiez, il choisit au moment où il a besoin de vous. Celui qui vous a vu sur un chantier, puis avec un client satisfait, puis en train d'expliquer votre métier, pense à vous en premier. Quatre vidéos le même jour sont vues une fois par ceux qui passaient là. Quatre vidéos réparties sur le mois vous placent devant la même personne à quatre reprises.

Ce que 48 vidéos ne sont pas

Ce ne sont pas 48 publicités. Le planning se construit chaque mois autour de sujets simples :

  • un chantier ou une réalisation, avant et après ;
  • un client qui parle de ce que vous avez fait pour lui ;
  • les coulisses du métier ;
  • la question que tout le monde vous pose.

La vidéo qui revient chaque semaine sert à rester présent. Celle qui convainc, c'est une autre, et elle se pense à part.

Quand viser moins

Si vous n'avez encore aucune vidéo, ne commencez pas par un rythme. Commencez par poser les deux ou trois vidéos qui expliquent qui vous êtes et ce que vous faites, puis seulement ensuite la régularité. Et si vous ne pouvez pas tenir une vidéo par semaine, deux par mois, tenues toute l'année, valent mieux que huit en janvier et rien jusqu'à l'été.

Le rythme ne règle qu'une moitié du problème. Reste la question de ce qui se passe quand la vidéo est lancée : pourquoi une vidéo est-elle abandonnée avant la fin, et que se joue-t-il dans ses dix premières secondes ? C'est le sujet du prochain article.

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